Concernant le traitement de l’homosexualité pendant la deuxième partie du Synode, un certain nombre de catholiques se rassurent comme ils peuvent en faisant peser sur la balance des débats la présence soi-disant « modérée », « sage », « pondérée » et « ferme » des cardinaux africains, tels que le cardinal Sarah, qui viendraient à la fois « secouer le cocotier » (sans mauvais jeu de mots) et s’assurer que le discours papal ne dévie pas vers une réforme moderniste occidentalisée et libertaire, des garde-fous qui feraient prévaloir leur identité africaine et les aspirations incarnées d’une Église pauvre qui n’a absolument pas envie de se voir embarquée dans les problématiques sociétales de l’Église « riche » (les divorcés remariés, le mariage homo, etc.). Avec tout le respect que je leur dois, je n’érigerais pas ces hommes pourtant prudents et aux conseils souvent très avisés en idoles, ni n’exagèrerais leur influence de contre-poids. La franchise « empirique » et « étrangère » venue d’Afrique n’est pas toujours Vérité. Par exemple, j’ai vu ce que le Cardinal Sarah disait sur l’homosexualité dans les conférences pré-synodales : il ne regarde pas l’homosexualité en face – et pas davantage en l’occidentalisant ou en promotionnant la sacralité de la différence des sexes. Il la voit même plutôt comme un non-sujet, et ne se risque à aucun traitement de l’hétérosexualité. Je suis donc très mitigé y compris vis à vis de ce clerc pourtant honnête et essentiel. Pour moi, le traitement de l’hétérosexualité est tellement loin des préoccupations synodales que déjà les carottes sont cuites pour le Synode (au moins concernant l’homosexualité… mais bon, comme le thème déborde tellement sur le reste…). À moins d’une action de l’Esprit Saint.

 
 
 

N.B. : Quelques heures après avoir posté cet article, je découvre qu’en effet, le cardinal Sarah a effectivement occidentalisé et diabolisé l’homosexualité, et n’en parle que pour l’enterrer. Je vous renvoie à ces deux articles : article 1 et surtout article 2.