C’est navrant, cette interview de Paris Match. Mgr Aupetit n’a pas écouté ce que je lui ai dit (on a fait une conférence ensemble) : il reste englué dans l’hétérosexualité. Du coup, il fait de l’homosexualité un non-sujet. quelle tristesse. Quelle douleur. Il y a beaucoup d’orgueil chez la plupart des ecclésiastiques français. Comme Marie doit souffrir en ce moment ! Mgr Aupetit fait le mal qu’a fait le cardinal Sara au dernier Synode. Une honte. Et ça s’habille d’humanisme et de spiritualisme intégraux (« il faut remettre l’Homme, la famille, la sexualité, au centre »). C’est lamentable.
 

« On s’est trompé de cible concernant le mariage pour tous. La question n’est pas celle des homosexuels, mais du mariage qui, selon les termes du Petit Larousse, est une union entre un homme et une femme. Or, on a de nos jours changé cette définition. Le mariage est-il une union fondée sur les sentiments ou un simple contrat ? Pour les ­catholiques, il représente un choix absolu, alors qu’en France ce n’est qu’à partir de la fin du XIXe siècle qu’une majorité des mariages se sont faits par amour. Le combat de l’Eglise a été d’instituer librement l’union de deux personnes qui s’aiment, se choisissent et s’unissent religieusement et anthropologiquement pour fonder une famille, puisque jusqu’à maintenant la naissance était le fruit de l’altérité homme-femme. Quant à l’homosexualité, nous avons, au sein du “chemin d’Emmaüs”, récemment dédié une journée à ce sujet en invitant les homosexuels avec leurs familles. Pour elles aussi, c’est parfois difficile. Notamment quand une mère de quatre enfants brise son couple pour partir avec une femme… Notre rôle est alors d’accompagner cette souffrance, de créer des lieux de dialogue qui aideront les uns et les autres à s’accepter, à se comprendre sans se juger. En fait, le vrai sujet n’est pas ­l’homosexualité mais la sexualité humaine, qui est compliquée, complexe. L’amour ne ­recouvre-t-il pas des réalités diverses ? S’agissant des prêtres, homosexuels ou hétérosexuels, ils s’engagent à la chasteté. Et si dans le clergé séculier nous ne prononçons pas de vœu, être tenu au célibat est en principe synonyme de chasteté. Bien que l’on ne fasse pas vœu de pauvreté, on vit sobrement, simplement. Comme tous les prêtres et les évêques, je gagne 1 092 euros par mois et je ne roule pas en Ferrari ! »