Vous savez sans doute que lorsqu’un culte aveugle et excessif est rendu à la différence, mes oreilles s’aiguisent parce que je sais que l’hétérosexualité (donc la Bête, ou l’Autre – qui est l’autre nom du diable) n’est pas loin. La Nouvelle Religion mondiale, pour gommer la différence des sexes et la différence Créateur/créatures qui font de nous des Humains divins comme Jésus, se met à célébrer la Différence absolu comme le summum du Bien, dans un altruisme apparemment touchant et solidaire, mais qui en réalité menace l’humain, car le Tout Autre est monstrueux autant qu’angélique.
 

Cette différençolâtrie, je l’observe dans pas mal de séries et films actuels voulant instaurer une police anti-discriminations autant qu’une confusion généralisée où les différences et les mélanges sont tellement applaudis que les différences réelles finissent par être d’abord alignées puis niées, étant donné que la différence la vraie est perçue au bout du compte comme discriminante et trop personnelle. C’est le cas dans la série Astrid et Raphaëlle diffusée récemment sur France 2, qui est un concentré de Franc-Maçonnerie (c.f. mon article « Journal de l’Antéchrist et de la Bête de l’Apocalypse en temps de confinement COVID-19 »), et qui met sur un piédestal la différence.
 

Pour votre information, Baal est un des synonymes de « Satan » ; et par ailleurs, seul Dieu a le pouvoir de « faire la différence ».


 

Tout à l’heure, j’ai regardé deux épisodes inédits : « La Nuit du mort-vivant » et « Invisible ». Et mon attention s’est arrêtée sur un détail répétitif du décor qui apparaissait dans d’autres épisodes antérieurs de la série. Comme une sorte de matraquage imperceptible ou de messages subliminaux insistants pour que la différençolâtrie finisse par nous rentrer dans le crâne : ce détail, c’est la publicité pour la banque de prêts COFIDIS (vous savez, le genre de société véreuse qui endette les gens sans argent et qui se présente comme leur soleil). L’affiche de COFIDIS apparaît clairement dans 2 épisodes de Astrid et Raphaëlle : l’épisode 5 (« L’esprit de famille ») et l’épisode 7 (« La Nuit du mort-vivant »). Peut-être que ça se vérifiera pour les épisodes à venir.
 

Astrid sur un parking, dans l’épisode 5


Raphaëlle et Astrid regagnant leur voiture, dans l’épisode 7


 

Je vous invite donc à l’avenir, si vous regardez des épisodes de cette série, à faire particulièrement gaffe à la place laissée à la différence et à l’Autre. Car elle est grande. Par exemple, dans l’épisode 5 de la saison 1 (« L’esprit de famille »), William, le modérateur du groupe de parole des personnes autistes, déclare : « Qu’est-ce que l’Autre représente pour moi ? » Dans l’épisode 7 (« Invisible »), Raphaëlle, « neurotypique » (autrement dit « pas autiste ») essaie de rentrer dans la manière génialement étrange et codée de sa coéquipière Asperger Astrid : « Il faut que je pense comme Astrid. Regarder autrement. Regarder autrement. » Un peu plus tard, Esteban Acega, le psychopathe de l’histoire, s’approche d’Astrid et se reconnaît dans leur supposée singularité mutuelle : « Nous nous ressemblons tellement tous les deux : tellement brillants, tellement différents des autres… » Le fantasme de l’altérité est donc bien luciférien, hétérosexuel (au sens de « toutes les altérités au niveau de la sexualité ») et pathologique. Quand bien même il soit porté aussi par une héroïne gentille et autiste « gentille ». Enfin, lors des bandes-annonces de la série, la voix-off de France 2 en remet une couche sur l’absolutisation de la différence : « Astrid et Raphaëlle : ce duo d’enquêtrices vraiment différent. »