Ex suor Cristina : la « révolution » ?


 

Cristina Scuccia (gagnante de The Voice en Italie en 2014 en tant que « Suor Cristina ») quitte les ordres. C’est l’onde de choc en même temps que la risée. La seule phrase – en apparence égocentrique et libertine – retenue contre elle à l’international, c’est « Je suis amoureuse de moi-même et de la vie! », avec pour seule illustration deux photos de « l’avant » et de « l’après », comme si la vierge s’était magiquement métamorphosée et dévergondée en pute. Et certains catholiques sautent à pieds joints dans le piège de cette mise en scène (sans doute par déception).
 

Je ne suis pas sûr qu’elle ait dit ça (le contexte, et la traduction, c’est plutôt qu’elle parlait de l’importance de s’aimer soi-même suffisamment pour pouvoir aimer les autres; et sans doute que dans sa vie religieuse elle ne s’est pas sentie assez aimée et qu’elle s’est sentie méprisée, délaissée, oubliée). Quand je vois les réactions et les posts lamentables de certains cathos (en Espagne et en Amérique latine en particulier), prompts à juger les religieux qui osent être médiatiques en feignant de ne pas le faire (« Je ne juge pas… mais en réalité je juge »), quand je vois leur cléricalisme et leur mépris des célibataires consacrés (selon eux, ces derniers n’ont droit à aucune faiblesse, à aucune mondanité, à aucun écart, à aucune humanité) sur fond de dénonciation facile des dangers inéluctables de la « starisation », je me dis plutôt : « Gardons-nous de juger trop rapidement les publicains. Seul Dieu connaît leur coeur. Et beaucoup d’entre eux nous devancent au Royaume des Cieux. »
 

Quant à ex soeur Cristina, je rappelle qu’elle a eu le culot d’apparaître comme le summum de la ringardise et de faire dire en prime-time le « Notre Père » en entier (et il est long pour la temporalité télévisuelle qui va à cent à l’heure!)… donc la transformer en traîtresse voire en pute ou « femme libérée » insensée, ça ne me paraît pas juste.